Do It Yourself irrigue les cultures ordinaires contemporaines, en étant leur idéologie consciente et revendiquée, ou la toile de fond informulée des envies de faire.

Do It Yourself met en avant l'autonomie, économique, politique, pédagogique, écologique. C'est une des grosses matrices historiques et conceptuelles des cultures populaires contemporaines.

Hubert Guillaud, pour le site www.internetactu.net, rappelle qu'il y a un an, "l’Institut pour le Futur (IFTF) a publié, à l’occasion de la Grande Fête du Do It Yourself (DIY) organisée par Make Magazine, une carte (.pdf) qui en synthétise les acteurs, les tendances et les implications."

La carte des acteurs, des tendances et des implications du DIY (pdf ICI)


Je cite encore Hubert Guillaud : L'IFTF constate "l’émergence de 2 forces qui animent ce mouvement, l’une sociale, l’autre technique, “en passe de transformer la façon dont les biens, les services et la façon dont on expérimente les “choses” sont conçues, construites et distribuées”. Cette culture émergente des “faiseurs” se constitue à la frontière du bidouillage et de la personnalisation des produits que chacun acquière. Une culture qui est certainement favorisée par le numérique qui demande, plus que les produits non numériques, à s’adapter à l’utilisateur."

Détournements, personnalisations, esprit communautaire, "ce mouvement DIY est fondé sur une culture hacker (“une culture du bricolage, du piratage du code, de la soudure des circuits, de la création de médias”…) dont il y a beaucoup à apprendre : sur l’organisation en réseau, la façon de récompenser les “demandeurs de solutions” (et pas seulement ceux qui les trouvent), l’accès ouvert, l’engagement actif et sa valorisation, la transparence, la célébration des bidouilleurs… Mais aussi la créativité ou la mentalité des participants.
Il serait d’ailleurs plus juste de parler d’un mouvement “Faisons-le nous-mêmes” (Do it Ourself) qu’un “Faites-le vous-mêmes” (Do it yourself), parce que l’implication y est première et que ce n’est pas une injonction, mais bien une appropriation. Le schéma proposé par l’IFTF distingue ainsi plusieurs leviers : la sociabilité, la motivation économique, la quête d’authenticité, la valorisation du professionnel-amateur, l’accessibilité (“Si vous ne pouvez le rendre ouvert, ça ne vous appartient pas !”) et la volonté de tout rendre accessible en open source."

Célébration des incompétences, comme un écho aux "compétences indisciplinées" dont parle P. Nicolas-Lestrat à propos de "l'atelier de mutualisation des compétences et des incompétences".
Un joyeux mélange d'action, immédiate et pratique, et de processus politique à conscience large.
Du collectif qui s'agrège sans forcément recourir au mode de structuration rigides et visibles, ou alors avec ironie, courant sur le fil tendu par M. De Certeau entre tactique et stratégie. Voilà qui fait penser encore à "l'activisme sur internet", tel que le décrivent et l'analyse O. Blondeau et L. Allard, dans Devenir Média, leur ouvrage commun. (Qu'ils ont d'ailleurs choisi de rendre librement téléchargeable ici et dont on trouve une fiche de lecture ici).

PuNk noT dEaD ! Et il suinte un peu de la sueur de Sid Vicious au front de chaque amateur à son œuvre. On comprend très bien ça en lisant Craig O'Hara, La Philosophie du punk.

On écoutera encore, avec bonheur, toutes les séances du séminaire POLITIQUES ET TECHNOLOGIES DE L'AMATEUR, organisées à l'IRI par la même L. Allard (Programme complet du cycle ici, conférences écoutables et téléchargeables ici).


Enfin, et pour terminer cette petite liste de liens que je voulais faire depuis longtemps, on se reportera avec une joie sans nom au sommaire du numéro 153 de la revue Réseaux intitulé "Passionnés, fans et amateurs", sous la direction d'O. Donnat. Et comme il n'y a que les résumés en ligne (pour le moment), on l'achètera...

Voilà. J'essayerai d'enrichir la liste dans les temps prochains. Enjoy !

Edit : Ce billet ne demande qu'à s'enrichir : Vos avis, remarques, critiques, compléments d'information sont les très bien venus.