Culture / Ordinaire Blog

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lundi 10 janvier 2011

Note sur les pratiques en amateur à l'ère numérique.

De Michel de Certeau à FaceBook, regard statistique et devenir numérique des pratiques en amateur...

Ce billet est initialement paru dans la revue " Point de Vue - Présence et Action Culturelles " - Il est disponible sur leur site, et je le reproduis ici avec leur aimable autorisation.

LES PRATIQUES CULTURELLES DES FRANÇAIS

L'observation des pratiques culturelles, du moins en France, est fortement structurée par les données fournies, depuis 1973, par le Ministère de la culture lui- même, notamment au travers de l'enquête nationale sur les pratiques culturelles des Français(1). Cette enquête est devenue un des outils majeurs du processus de construction de la culture comme catégorie d'action publique(2) , ainsi que le fer de lance d'une politique « scientifique » de la culture initiée dans les années 1960(3).

Au-delà de son rôle instrumental, qui vise à fournir aux décideurs comme aux observateurs une série d'indicateurs à vocation objective, cette enquête initie régulièrement une discussion parfois vive entre la nation et ses politiques culturelles. Discussion pouvant porter sur la possibilité même d'objectiver ainsi la culture, sur les inégalités d'accès révélées, sur le rôle de l'Etat face à ce qui apparait immanquablement comme un déficit démocratique, sur le périmètre des pratiques étudiées, etc. Si «le politique» et «le culturel» sont ainsi fréquemment au cœur de débats, «le scientifique», par qui le scandale arrive pourtant, en est souvent exempt. En raison de son indubitable sérieux, de son ampleur, de son origine institutionnelle, de sa régularité et de son ancienneté, l'enquête comme instrument et comme point de vue tend à se faire oublier des observateurs (médiatiques, mais aussi parfois scientifiques) au profit de ce qu'elle permet de voir. Elle est souvent considérée comme « une photographie » du rapport des Français à la culture, comme un «baromètre», une « radiographie », et autres métaphores l'apparentant aux outils d'enregistrement et de mesure les mieux répandus, les plus utilisés... et les plus oubliés comme construits. Il y a ainsi presqu'une « mythologie », au sens du premier Barthes(4) , de « la grande enquête », offrant la météo décennale (quoique mitigée) des rapports entre peuple et culture... Ce visage (à tout le moins) médiatique tendrait à faire oublier la réalité d'une enquête inscrite dans une triple histoire : sociale, politique et scientifique. Et lorsque l'on y regarde d'un peu près, par exemple en confrontant les questionnaires administrés à l'occasion des différentes moutures de l'enquête(5) , force est de constater que le matériel de prise de vue évolue, que ce qui est parfois perçu comme un dispositif immuable est en fait tributaire d'aléas historiques.

La chose est importante, puisque ce sont, finalement, les frontières de ce que la science et le politique unis considèrent comme l'observé sinon l'observable culturel qui, insensiblement, se déplacent(6).

Les évolutions techniques travaillent le périmètre du culturel

Parmi les facteurs d'évolution de cet outil d'observation, il faut retenir les grandes innovations techniques du XXème siècle, qui ont fait leur apparition dans le questionnaire dans la mesure où elles ont pu constituer autant de transformations dans les modes de fabrication, de diffusion et de consommation de la culture. Ce fut le cas, par exemple, du magnétoscope en 1989 ou encore des Compact Discs en 1997. Si chacune de ces inventions a pu faire l'objet d'une ou de plusieurs questions supplémentaires, aucune n'avait encore mis en crise l'enquête dans son ensemble comme ont pu le faire, au cours de la dernière décennie, les technologies numériques et plus particulièrement l'apparition d'internet. Pour la première fois, en effet, O. Donnat et ses collaborateurs sont allés jusqu'à modifier le titre même de cette enquête, dont la dernière livraison s'intitule donc : « les pratiques culturelles des Français à l'ère numérique(7) ». En effet pour O. Donnat, l'observation du culturel rencontre désormais certaines limites. « En un mot, (dit- il) rares sont désormais les pratiques culturelles qui se laissent facilement réduire à l’équation simple de naguère : une activité = un contenu, ou : un programme + un support, ou un média + un lieu et un moment(8) ». Selon lui, l’arrivée du numérique « met à mal l’organisation générale de l’enquête, qui reposait sur un découpage par média ou par type de support » et «constitue un réel problème pour tous ceux qui mènent des enquêtes quantitatives, du type de « Pratiques culturelles ». »

De la légitimité des objets à la visibilité des procédures

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mercredi 18 février 2009

Nietzsche : Critique de la Culture de Masse. ////////// (Par Douglas Kellner)

Je traduit ici un article détaillant quelques vues de Nietzsche sur la culture de masse, écrit par Douglas Kellner.
On trouve rarement ramassés ainsi à la fois le(s) regard(s) que Nietzsche a pu porter sur la culture, les manières qu'il a eu d'aborder, de confronter et d'articuler culture populaire et culture bourgeoise, la présence et l'importance de ces questions dans son œuvre.
Ma traduction pour la première partie du texte, et la version anglaise (VO) pour la fin. (Vos remarques sont toujours les bienvenues)

Nietzsche, critique de la culture de masse :

De Douglas Kellner
Homepage: http://www.gseis.ucla.edu/faculty/kellner/kellner.html
Curriculum Vitae: http://www.gseis.ucla.edu/faculty/kellner/DK97CV.htm

Avec Karl Marx, Friedrich Nietzsche peut être considéré comme un des grands théoriciens et critiques de la modernité, ayant, comme eux, procédé à une "critique impitoyable de tout ce qui existe." 1 La puissante polémique opposant Nietzsche à la religion, la morale, la philosophie, déploie un mélange de critique inspirée des Lumières et de vitalisme romantique. Elle attaque les aspects "négateurs de vie" de la culture moderne. En outre, Nietzsche reproche à la plupart des institutions et des valeurs des sociétés modernes d'opprimer concrètement les énergies et la créativité, ainsi que de bloquer la production d'individus plus forts et d'une société et d'une culture plus vigoureuses. Dans son évaluation de la modernité, Nietzsche a développé une des premières critiques soutenues de la culture et de la société de masse, de l'État, de la discipline bureaucratique et de ses excès, produisant des perspectives qui ont profondément influencé les discours ultérieurs de la modernité.

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vendredi 10 octobre 2008

ARTICLE PARU :

Voici la version intégrale (donc longue!), d'un article paru dans les actes du colloque "Culture et communication, Regards croisés sur les pratiques", qui s'est tenu à l'université de Bucarest. Les références exactes sont disponibles en fin d'article.

Premiers éléments pour l'approche d'une culture invisible.


Introduction

Qu'est-ce que la culture ?

Comment définir ce concept, et, partant, où poser les limites qui borneraient le champs d'investigation d'une sociologie de la culture ? A quelle série d'objets concrets doit se confronter une enquête empirique qui prendrait la culture pour terrain ? Cette communication, sans prétendre (ni vouloir) apporter de réponses à ces interrogations à la fois ambitieuses et imprécises, esquisse une circulation dans ce champ de questionnement...

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