Culture / Ordinaire Blog

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jeudi 10 mars 2011

La participation des amateurs dans l'univers numérique (colloque - 18 Mars 2011)

Colloque Digital Life Lab (Institut Télécom - Paris) - La Cantine - 18 Mars 2011)

La participation des amateurs dans l'univers numérique

La prolifération des plateformes participatives sur Internet suscite une implication toujours plus grande des amateurs dans la production ou le "remixage" de contenus médiatiques qui circulent et s'échangent sur le Web, qu'il s'agisse de textes, de photos, de vidéos, de fichiers musicaux, de logiciels, etc. L'objet de ce colloque d'une journée organisé par le Digital Life Lab (Institut Télécom) a pour objectif de réfléchir aux enjeux sociaux, organisationnels et culturels suscités par la profusion de ces nombreuses pratiques amateurs dans l'univers numérique. Les amateurs sont souvent des passionnés à l'égard d'une activité qui occupe une grande partie de leur temps libre. Ils agissent selon une logique distincte de celle de l'économie de marché: ils trouvent un authentique plaisir à partager leur passion et sont davantage motivés par la recherche d'une reconnaissance symbolique auprès de leurs pairs plutôt que par la perspective d'une rétribution monétaire. Ce colloque abordera d'abord la thématique de l'organisation des pratiques amateurs avant l'ère du numérique. Ensuite, les interventions porteront principalement sur l'univers numérique de la création culturelle et des médias. Enfin, la question de la mobilisation des médias sociaux dans les entreprises constituera le dernier volet du colloque.

Informations sur le site de La Cantine.

Programme

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lundi 10 janvier 2011

Note sur les pratiques en amateur à l'ère numérique.

De Michel de Certeau à FaceBook, regard statistique et devenir numérique des pratiques en amateur...

Ce billet est initialement paru dans la revue " Point de Vue - Présence et Action Culturelles " - Il est disponible sur leur site, et je le reproduis ici avec leur aimable autorisation.

LES PRATIQUES CULTURELLES DES FRANÇAIS

L'observation des pratiques culturelles, du moins en France, est fortement structurée par les données fournies, depuis 1973, par le Ministère de la culture lui- même, notamment au travers de l'enquête nationale sur les pratiques culturelles des Français(1). Cette enquête est devenue un des outils majeurs du processus de construction de la culture comme catégorie d'action publique(2) , ainsi que le fer de lance d'une politique « scientifique » de la culture initiée dans les années 1960(3).

Au-delà de son rôle instrumental, qui vise à fournir aux décideurs comme aux observateurs une série d'indicateurs à vocation objective, cette enquête initie régulièrement une discussion parfois vive entre la nation et ses politiques culturelles. Discussion pouvant porter sur la possibilité même d'objectiver ainsi la culture, sur les inégalités d'accès révélées, sur le rôle de l'Etat face à ce qui apparait immanquablement comme un déficit démocratique, sur le périmètre des pratiques étudiées, etc. Si «le politique» et «le culturel» sont ainsi fréquemment au cœur de débats, «le scientifique», par qui le scandale arrive pourtant, en est souvent exempt. En raison de son indubitable sérieux, de son ampleur, de son origine institutionnelle, de sa régularité et de son ancienneté, l'enquête comme instrument et comme point de vue tend à se faire oublier des observateurs (médiatiques, mais aussi parfois scientifiques) au profit de ce qu'elle permet de voir. Elle est souvent considérée comme « une photographie » du rapport des Français à la culture, comme un «baromètre», une « radiographie », et autres métaphores l'apparentant aux outils d'enregistrement et de mesure les mieux répandus, les plus utilisés... et les plus oubliés comme construits. Il y a ainsi presqu'une « mythologie », au sens du premier Barthes(4) , de « la grande enquête », offrant la météo décennale (quoique mitigée) des rapports entre peuple et culture... Ce visage (à tout le moins) médiatique tendrait à faire oublier la réalité d'une enquête inscrite dans une triple histoire : sociale, politique et scientifique. Et lorsque l'on y regarde d'un peu près, par exemple en confrontant les questionnaires administrés à l'occasion des différentes moutures de l'enquête(5) , force est de constater que le matériel de prise de vue évolue, que ce qui est parfois perçu comme un dispositif immuable est en fait tributaire d'aléas historiques.

La chose est importante, puisque ce sont, finalement, les frontières de ce que la science et le politique unis considèrent comme l'observé sinon l'observable culturel qui, insensiblement, se déplacent(6).

Les évolutions techniques travaillent le périmètre du culturel

Parmi les facteurs d'évolution de cet outil d'observation, il faut retenir les grandes innovations techniques du XXème siècle, qui ont fait leur apparition dans le questionnaire dans la mesure où elles ont pu constituer autant de transformations dans les modes de fabrication, de diffusion et de consommation de la culture. Ce fut le cas, par exemple, du magnétoscope en 1989 ou encore des Compact Discs en 1997. Si chacune de ces inventions a pu faire l'objet d'une ou de plusieurs questions supplémentaires, aucune n'avait encore mis en crise l'enquête dans son ensemble comme ont pu le faire, au cours de la dernière décennie, les technologies numériques et plus particulièrement l'apparition d'internet. Pour la première fois, en effet, O. Donnat et ses collaborateurs sont allés jusqu'à modifier le titre même de cette enquête, dont la dernière livraison s'intitule donc : « les pratiques culturelles des Français à l'ère numérique(7) ». En effet pour O. Donnat, l'observation du culturel rencontre désormais certaines limites. « En un mot, (dit- il) rares sont désormais les pratiques culturelles qui se laissent facilement réduire à l’équation simple de naguère : une activité = un contenu, ou : un programme + un support, ou un média + un lieu et un moment(8) ». Selon lui, l’arrivée du numérique « met à mal l’organisation générale de l’enquête, qui reposait sur un découpage par média ou par type de support » et «constitue un réel problème pour tous ceux qui mènent des enquêtes quantitatives, du type de « Pratiques culturelles ». »

De la légitimité des objets à la visibilité des procédures

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dimanche 1 novembre 2009

La Numérisation des pratiques amateur : diaporama de ma présentation du 23 Octobre 09

Voici le powerpoint de ma présentation du 23 Octobre, à l'occasion du colloque de bilan du Cluster 13 (Culture, Patrimoine et Création).

Cette communication s'est trouvée prise entre d'une part la publication très récente des derniers chiffres de la grande "Enquête sur les pratiques culturelles des français" d'O. Donnat (DEPS), exceptionnellement rebaptisée "à l'ère numérique", et d'autre part une Table ronde sur « Les recherches sur le patrimoine et sur la création à l’ère du numérique et de Google », en présence notamment de Patrick Bazin, directeur de la Bibliothèque Municipale de Lyon, ainsi que d'autres acteurs de la numérisation du culturel. (voir le programme : pdf)

Après un rapide historique de mes recherches, une présentation de mon terrain et de mes méthodes, j'ai donc choisi, au travers d'exemples, de centrer mon intervention sur la numérisation des pratiques amateur que je rencontre, d'avantage que sur la constitution de l'amatorat en culture/contre-culture.

Bien sur, l'un ne va pas sans l'autre, et c'est sans doutes au travers de nouveaux usages, tirant parti de nouveaux possibles technologiques, que se reconstituent, se fédèrent et s'affirment de nouvelles manières d'être amateur comme de faire culture.

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lundi 12 octobre 2009

Notes sur Stiegler : Amateur d'art / consommateur d'art

B. Stiegler est un des chercheurs français (philosophe) qui théorise les pratiques amateur (amatrices, non ?), ou encore ce qu'il appelle "l'amatorat".

Ses questions et problématiques croisent donc largement celles de ce blog.

J'ai réorganisé quelques notes prises en écoutant la conférence qu'il a donnée le 3 Octobre à La Maison de la Poésie (Paris), intitulée "Sur la question de l'esprit" (voir la vidéo), tout en essayant de rester fidèle aux idées développées :

Cette conférence s'articule assez clairement autour d'une opposition entre deux modèles, deux manières d'articuler figure de l'amateur et société industrielle, deux économies, deux manières de penser :

1) Le modèle du consumérisme culturel (de la prolétarisation).

2) Le modèle du logiciel libre, (l'économie de la contribution).

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dimanche 5 juillet 2009

"Les extraterrestres, entre science et culture populaire." (Partie 1)


Le monde diplomatique de Juillet 09 propose un dossier spécial soucoupes volantes et extraterrestres.
L'occasion pour moi de mettre ici en chantier mes réflexions sur le sujet.

1. Marronnier From Outer Space ?

Il peut sembler étonnant de voir ce sujet abordé sur un tel support, et l'éditorialiste lui-même s'interroge, non sans élégance : "Un dossier de cinq pages sur les extraterrestres : le monde diplomatique aurait-il perdu la tête ?"...
Sa réponse, mariant le truisme à l'exo-psychologie, peine à convaincre de la cohérence et de la nécessité du-dit dossier ("l'homme, de tous temps, s'est interrogé etc." ou encore "Sortir de soi pour mieux se comprendre : voilà à quoi nous invitent... les extraterrestres.")

Même à la lecture du sommaire, difficile de cerner la problématique d'ensemble à laquelle le monde diplomatique souhaite nous confronter... Est-il question de s'interroger sur un devenir actuel des croyances et des cultures dites populaires ? De cartographier une zone de conflit entre savoir scientifique et savoirs amateurs ? Ou simplement de profiter "estivalement" de la permanence d'un thème séduisant dans les iconographies et les imaginaires... ?

it came from outer space large

Mais laissons là cette vue d'ensemble un peu décevante pour nous intéresser aux différents articles :

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