Je relaye ici un article sur Nietzsche et la culture de masse, écrit par Douglas Kellner, que je trouve tout à fait intéressant.

Nietzsche a en effet constitué en problématique centrale de ses recherches les fonctions sociales de la culture, cherchant à en repérer les différents visages (culture populaire, bourgeoise, presse, religion, art "authentique"…), les articulant et les confrontant au long de son œuvre, afin d'identifier ce que la culture pouvait avoir de nuisible à l'échelle individuelle et sociale et de dégager, sinon une politique culturelle, du moins ce que seraient les développements souhaitables d'une "grande santé" culturelle.

Je me suis permis de traduire cet article, vos remarques sur la traduction sont les bienvenues.



Nietzsche, critique de la culture de masse

De Douglas Kellner
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Friedrich Nietzsche peut être considéré, avec Karl Marx, comme un des grands théoriciens et critiques de la modernité, ayant, comme lui, procédé à une "critique impitoyable de tout ce qui existe[0]." La puissante polémique opposant Nietzsche à la religion, à la morale et à la philosophie, déploie un mélange de criticisme inspiré des Lumières et de vitalisme romantique. Elle s'en prend aux aspects "négateurs de vie" de la culture moderne. Nietzsche reproche en outre à la plupart des institutions et des valeurs portées par les sociétés modernes d'opprimer concrètement les énergies et la créativité, et d'empêcher que n'émergent des individus plus forts, et avec eux une société et une culture plus vigoureuses. Dans son évaluation de la modernité, Nietzsche a développé une des premières critiques soutenues de la culture et de la société de masse, mais aussi de l'État, de la discipline bureaucratique et de ses excès. Il a produit ainsi des perspectives qui ont profondément influencé les discours ultérieurs de la modernité.